Rafael Riqueni : "A golpe de mostrador" (Bulerías por Soleá)

mardi 18 juillet 2017 par Claude Worms

Transcription intégrale de la composition de Rafael Riqueni.

Un an après le déjà magnifique "Juego de niños" (LP Nuevos Medios, 1986 - transcription de la granaína "El Veleta" : Génération 80 : Rafael Riqueni), Rafael Riqueni enregistre en strict solo l’un des chefs d’œuvre incontestables de la discographie flamenca, "Flamenco". L’album paraît d’abord en 1987 en Allemagne (CD Blue Angel BA 64910), puis l’année suivante en Espagne, en format LP (Flamenco Accidentales FA-006). On attend depuis un réédition durable - quelques tentatives sporadiques - avec si possible une remastérisation qui éliminerait une réverbe franchement envahissante.

Les bulerías por soleá "A golpe de mostrador" sont extraites de ce disque. A l’époque, l’usage du mode flamenco sur Do# (sans la scordatura traditionnelle de le rondeña - 6ème corde en Ré et 3ème corde en Fa#) n’est pas encore passé dans les mœurs. Même si Paco de Lucía a déjà créé des falsetas dans ce mode, en duo avec Tomatito pour accompagner Camarón, il s’agit à notre connaissance de la deuxième composition d’envergure en "Do# flamenco", après la granaína du deuxième volume de la trilogie "Mundo y formas de la guitarra flamenca" de Manolo Sanlúcar ("Brindis para Alberto Vélez", LP CBS S 64405, 1972 - réédition des trois volumes en CD par Acordes Concert, avec les transcriptions intégrales de toutes les compositions par "un servidor").

Outre l’imagination mélodique constante et l’originalité des remates, on notera quelques procédés harmoniques intéressants. entre autres :

_ l’alternance entre le mode flamenco sur Do# et la tonalité majeure homonyme, Do# Majeur (dès la première falseta)

_ l’abondance des dissonances (souvent en battements) de seconde mineure : non seulement entre les fondamentales des accords des deux premiers degrés (Do# - Ré), ce qui constitue la marque de fabrique du mode, mais aussi entre les deux états (mineur et majeur) de la tierce du mode (Mi bécarre / Mi#)

_ un sorte de cadence flamenca II - I sur le deuxième degré (Eb - D), substituée à la cadence secondaire habituelle V - I (A7 - D). En toute rigueur, elle devrait être noté Mib, mais nous écrivons Ré# pour souligner l’attirance de cette note, et de l’accord correspondant, vers l’accord de D. Notons d’ailleurs que Rafael Riqueni harmonise la note Mib (ou Ré#) par un accord de quinte bémol, et non par un accord majeur : Mib + La (ou Ré# + La), et non Mib + Sib.

_ la septième de l’accord du deuxième degré (D7, note Do bécarre) fait souvent l’objet d’une enharmonie (note Si#) et devient ainsi la tierce d’un accord de G#(7), pour une cadence secondaire V-I sur le premier degré (G#(7) - C#). Ce qui risquerait d’altérer le caractère modale de la pièce, si son compositeur ne prenait grand soin d’intercaler le deuxième degré entre ces deux accords (G#(7) - D - C#).

NB : nous avons parfois simplifié ou modifié la notation rythmique :

_ d’une part pour les lignes mélodiques en triolets, de manière à en clarifier les contours. Pour les notes placée sur les temps accentués du compás, le guitariste marque fréquemment un léger ritardando : ainsi, nous notons par deux triolets successifs ce qui est joué "quelque part" entre triolet + triolet et croche + deux doubles croches + quatre doubles croches (par exemple, pour la falseta de la page 3 et du premier système de la page 4)

_ d’autre part, le remate du début de la page 7 (avant dernière mesure du premier compás) ne tombe pas a compás tel qu’il est joué - trop de notes pour les trois temps a tempo, même pour Rafael Riqueni... Nous avons opté pour une écriture en sextolets de doubles croches et triples croches (avec indication rallentando) qui nous semble rendre plus ou moins l’intention. Mais il serait prudent d’"alléger" le trait tout en en gardant l’incipit qui en fait l’originalité. Nous vous en proposons à la fin de la transcription une variante en doubles croches, qui n’est déjà pas une sinécure.

En tout cas, de quoi occuper les vacances de nos ami(e)s guitaristes...

PS : entre notes à peine effleurées et brouillard de réverbe, la transcription devient un exercice légèrement aléatoire. Nous remercions à l’avance les lectrices et lecteurs qui nous feraient part d’erreurs, que nous espérons point trop nombreuses, et nous proposeraient des corrections.

Claude Worms

Transcription (Claude Worms)

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"A golpe de mostrador"

"A golpe de mostrador" (bulerías por soleá) - composition et guitare : Rafael Riqueni


"A golpe de mostrador"




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