Jean-Louis Duzert : stage de photographie flamenca

Festival Flamenco de Nîmes, janvier 2014

mardi 28 janvier 2014 par Maguy Naïmi

J’ai été accueillie mardi 14 janvier dans le stage "La photographie dans le flamenco" animé par Jean-Louis Duzert, photographe officiel du festival de Nîmes. La bonhomie et le professionnalisme de Jean-Louis font que d’ emblée on se sent à l’aise dans cette petite salle de réunion de l’ hôtel Atria...

Les stagiaires sont, dans leur grande majorité, de la région. Leur attrait pour la culture flamenca est évidente : Francisco Martínez est l’ époux de la danseuse flamenca Natalia del Palacio ; Muriel Timsit, informaticienne, dirige le site web Flamenco-Culture ; Michèle Bougarel anime un club de photographie - son thème de prédilection est la nature, mais elle aime la danse flamenca, tout comme Patricia Galabert. Hubert Morin fait des photos de studio ; Jean-Yves Bouchu est chirurgien aux Arènes de Nîmes ; Gérard Kérinec fait surtout de la photographie de sport. Christiane Pagès veut faire des photos qui soient à la hauteur de l’ interêt qu’ elle porte à la danse. Guillaume Estève fait de la photo événementielle (mariages, baptèmes…) et s’ intéresse aux danseurs de Tango…etc. Tous sont réunis, munis d’ un matériel de qualité, et ont déjà branché leur ordinateur, car il s’ agit de présenter le travail réalisé la veille (premier jour d’ un stage, qui se terminera le vendredi) dans les coulisses du Théâtre Bernadette Lafont de Nîmes, lors de la préparation du spectacle d’ Andrés Marín.

Avant de montrer le travail accompli, chacun y va de sa question et Jean-Louis Duzert, en bon professeur, y répond de façon personnelle tout en rajoutant des consignes générales. Car il s’ agit non seulement d’ apprendre quel matériel utiliser, mais également comment se positionner dans une salle, comment faire son travail sans gêner le public, quelles démarches faire (accréditations)…etc. Il annonce également le programme de la journée : visionnage des photos de la veille, puis visite de son exposition au restaurant l’ Imprévu et, dans l’après midi, stage pratique (photographies en situation, du spectacle de Chely la Torito). Jean-Louis indique comment "shooter" pour éviter les pieds de micro, signale qu’ on peut déjà repérer où on va se placer lors des séances de balance... Il insiste sur le fait qu’ on doit faire le point sur le personnage important, décrit comment on peut donner de la puissance à une photo, souligne que quelquefois le travail est réalisé dans des conditions difficiles, sans éclairage.

A l’ Imprévu, il ne s’ agit pas d’ une simple visite d’ expo, mais d’ une analyse du travail effectué, par l’ auteur lui-même. Sur une grande photo de Rocío Molina en pivot, il rappelle que la profondeur est donnée par le flou du fond - (flou qui inquiète à juste titre les stagiaires : comment le dominer, en tirer parti ?) et qu’ il faut toujours faire le point sur le sujet principal. Les photos sont variées, depuis la jeune femme en robe à pois se regardant dans le rétroviseur d’ un camion jusqu’ aux célèbres mains de Camarón (photo culte par excellence), en passant par des fêtes, des gros plans extraordinaires de chanteurs (El Chocolate, El Torta) et un plan large sur une brochette d’ artistes sur scène, avec un Moraíto jubilatoire, dont la composition rappelle la Cène.

Toutes les photos sont des instantanées et doivent être saisies dans le mouvement et dans le moment - exercice difficile s’ il en est, comparé à celui de la photo posée. Jean-Louis explique qu’ on n’est pas obligé de tout montrer : parfois un détail suffit à rendre la force, le mouvement ou la musicalité. Par exemple, la main de Moraíto ou celle de Camarón, les pieds d’ une danseuse en mouvement... Pour Israel Galván, c ’est le talc qui monte comme un nuage ; pour Esperanza Fernández, c’ est la force de son chant (elle interprète l’ hymne gitan). Il explique à un stagiaire pourquoi le noir et blanc : dans une image en couleur, le spot de couleur risque de déranger le regard. Il rappelle que le noir et blanc ressère le regard et qu’ actuellement, dans beaucoup de photos, les plans sont ressérés (en rugby par exemple). Auparavant, on faisait plus de photos en plan général. Les quelques photos de Jean-Louis Duzert présentées ici ne sont qu’ une partie de son exposition (au total 62 œuvres pour lesquelles il a droit à 30 tirages), et nous espérons avoir le plaisir de les voir exposées à Paris, peut être à La Villette ou à Chaillot. Ce serait un grand bonheur, pour tous les amateurs, que de les voir dans un lieu si prestigieux. En attendant, nous souhaitons bon stage à tous ces photographes talentueux et motivés.

Maguy Naïmi

Exposition des stagiaires : morceaux choisis

¡¡ OLÉ !!





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