34e Festival Flamenco de Nîmes (du 10 au 20 janvier 2024)

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mardi 21 novembre 2023 par Claude Worms

Dressant le bilan de l’édition 2023, nous avions souligné la qualité de la plupart des spectacles et concerts, qui est la marque de fabrique du Festival Flamenco de Nîmes, mais regretté un déséquilibre certain entre flamenco d’avant-garde et flamenco traditionnel, réduit à la portion congrue, et l’absence totale d’artistes français. La programmation de cette trente-quatrième édition semble en avoir tiré les mêmes leçons que nous...

... Outre par le spectacle de Stéphanie Fuster (cf. ci-dessous) le "flamenco hexagonal" sera cette fois représenté (encore fort modestement) par un duo danse / guitare, dont l’idée a peut-être été inspirée par la récente "trilogie" de Rocío Molina. Nous avons souvent eu l’occasion de voir Eva Luisa, qui ne nous a jamais déçu ; sa partenaire, Lydie Fuerte, a signé un disque ("Carillón del viento", 2017) dont nous avions salué en son temps l’agrément et l’originalité — Luz "Ex situ", Musée de la Romanité, 14 janvier, 11h.

Les amateurs exclusifs du flamenco "de toujours" trouveront cette année largement leur compte, notamment pour les récitals de cante (sans compter les castings des spectacles de danse), avec trois récitals en strict duo chant / guitare — du plus roots au plus innovant : Jesús Méndez et Pepe del Morao (Salle Bernadette Lafont, 18 janvier, 21h) ; Israel Fernández et Diego del Morao (salle Bernadette Lafont, 11 janvier, 20h) ; Ismael de la Rosa "el Bola" et Yerai Cortés (Flamenco directo, vol. 2, Musée de la Romanité, 19 janvier, 19h). Nous nous réjouissons que le cante de Jesús Corbacho soit enfin reconnu à sa juste valeur depuis le prix qu’il a reçu l’année dernière à Jerez (cf. également : "Debajo del romero", 2011) : duo inédit (il s’accompagnera lui-même à la guitare) avec le bailaor Antonio Molina "el Choro" (Francachela, Odéon, 20 janvier, 18h) — nous serons aussi au récital qu’il donnera lors du prochain festival de Jerez, le 6 mars 2024. Les plus iconoclastes ne manqueront évidemment pas le concert du duo Rocío Márquez & Bronquio, (chant et musique électro) qu’on ne présente plus (Tercer cielo, Paloma, 13 janvier, 20h).

C’est la guitare flamenca qui clôturera le festival, avec un double hommage à Gerardo Nuñez, pour son œuvre de compositeur-guitariste et de pédagogue. Nous avions eu le bonheur d’assister à ce concert, qui ouvrait un remarquable cycle "Guitarra desnuda", lors de la dernière Biennale de Séville. Gerardo Nuñez ouvre seul les festivités, puis invite cinq de ses élèves (qui depuis ont fait leur chemin...), d’abord pour interpréter avec lui un arrangement en duo de l’une de ses compositions, puis pour jouer en solo l’une de leurs propres pièces : Bolita de Jerez, Salvador Gutiérrez, Jesús Guerrero, Rycardo Moreno et Álvaro Martinete — pas moins ! (45 años sobre los escenarios, Théâtre Bernadette Lafont, 20 janvier, 21h).

Cependant, comme pour tous les grands festivals internationaux, c’est la danse qui demeure majoritaire dans la programmation. Le moins que l’on puisse écrire est qu’elle s’annonce de haute tenue, avec là encore des dosages variés de références à la tradition et à d’autres styles de danse contemporains. Commençons par deux spectacles dont nous avons déjà vu à Séville ou à Jerez divers stades d’élaboration (les fameux "works in progress"), magnifiques tant pour les chorégraphies que pour les musiques de scène : La Materia. Cap II. De La Leona a lo Invencible, d’Olga Pericet, avec Daniel Abreu (danse), José Manuel León (guitare), Juanfé Pérez (basse) et Javier Rabadán (percussions) (Théâtre Bernadette Lafont, 10 janvier, 20h) ; Los bailes robados, de David Coria, avec Aitana Rousseau, Florencia OZ, Marta Gávez, Rafael Ramírez (danse), Isidora O’Ryan (violoncelle et voix), David Lagos (chant) et Alfredo Lagos (guitare) (Théâtre Bernadette Lafont, 16 janvier, 21h).

Paula Comitre présentera deux œuvres de caractère très différent : d’une part, en duo avec le pianiste Orlando Bass, une création évoquant la carrière et la personnalité d’Antonia Mercé "la Argentina" (Après vous, madame, Odéon, 16 janvier, 18h) ; d’autre part, la reprise de "Alegorías. El límite y sus mapas", que nous avions vu à Chaillot et qui est à notre avis l’un des sommets de la fusion (pour une fois, le terme n’est pas usurpé) entre danse flamenca et danse contemporaine (Lorena Nogal)... et quelle musique ! — Tomás de Perrate (chant), Juan Campallo (guitare) et Rafael Heredia (percussions) (Théâtre Bernadette Lafont, 17 janvier, 20h). A juste titre, la critique a unanimement loué le spectacle "Deliranza" de Patricia Guerrero, qui a déjà beaucoup tourné en France et que le public nîmois pourra applaudir à son tour — avec Maise Márquez, Gloria del Rosario, Eduardo Leal, Hugo Sánchez, Ángel S. Fariña, Fernando Jiménez (danse), Amparo Lagares, Sergio "el Colorao" (chant),Dani de Morón (guitare), Óscar Álvarez (claviers) et Agustín Diassera (percussions) (Théâtre Bernadette Lafont, 19 janvier, 21h).

Dans un registre plus intimiste et en solo pour la danse, on retrouvera avec plaisir María Moreno et Lucía Álvarez "la Piñona", qui intègre progressivement et avec mesure à leurs styles foncièrement traditionnels quelques éléments plus contemporains — respectivement : O../O../.O/O./O. (soleá), avec Ángeles Toledano (chant), Raúl Cantizano (vielle à roue et espace sonore), Eduardo Trassierra (guitare) et Manu Masaedo (percussions) (Théâtre Bernadette Lafont, 12 janvier, 20h) ; Insaciable, avec Jonatan Miró (danse), Matías López "El Mati", Jesús Corbacho, José "el Pechugita" (chant) et Ramón Amador (guitare) (Théâtre Bernadette Lafont, 14 janvier, 18h). Enfin, plus drastiquement minimaliste encore, on découvrira non sans curiosité le "one woman dance show" de Stéphanie Fuster avec pour tout décor un carré de parquet (Gradiva, celle qui marche, Odéon, 18 janvier, 18h).

Les activités annexes sont nettement réduites par rapport aux éditions précédentes, avec notamment la disparition des rencontres de midi rituelles au bar du théâtre. Corinne Frayssinet Savy y présentera cependant une conférence liminaire, "Israel Fernández, une expérience musicale du sentir" (11 janvier, 18h15). On pourra aussi rencontrer Paula Comitre et son équipe à la Bodega Macarena le 17 janvier à 21h30 — animation et traduction par Céline Garcia Navio. Marie Julliard exposera ses photographies flamencas àl’ Office de Tourisme de Nîmes du 10 au 31 janvier (Les pas dansants). Le 14 janvier (14h30), le cinéma Le Sémaphore, partenaire de longue date du festival, projettera Menese, un très beau documentaire sur le cantaor de Remedios Malvárez et José Romero. Stéphanie Fuster proposera un stage de danse, Sensaciones Flamencas, au studio de danse du théâtre (20 janvier, de 14h à 17h). Infatigable, elle présentera aussi une conférence dansée, Parler Flamenco, au lycée Alphonse Daudet (19 janvier).

NB : retrouvez toutes les dates das concerts et spectacles dans notre agenda. Nous n’avons pas encore le programme du "off", d’ailleurs de plus en plus officiel.

Claude Worms





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