Diego de Morón (1) : Alegrías

mardi 2 août 2022 par Claude Worms

Transcription intégrale de la composition de Diego de Morón.

Diego Torres Amaya, d’abord connu sous le nom de "Dieguito del Gastor" puis de "Diego de Morón" est né le 18 avril 1947 à Morón de la Frontera. Par sa mère, il est l’un des quatre neveux guitaristes de Diego Amaya Folores "Diego del Gastor" (Arriate, 1908 - Morón, 1973), avec ses cousins Francisco Gómez Amaya "Paco del Gastor" (Morón, 1944), Juan Gómez Amaya " Juan del Gastor" (Morón, 1947) et Agustín Ríos Amaya (Morón 1947). Le premier instrument dont il joue est un xylophone, avant d’acheter à dix-sept ans sa première (et très mauvaise) guitare pour 250 pesetas. Son père, le cantaor Luis Torres Cádiz "Joselero" (La Puebla de Cazalla, 1910 - Morón, 1985), gagne un concours de chant à Jerez et reçoit en prix une guitare qu’il doit vendre pour nourrir sa famille, au grand désespoir de Diego. C’est l’un de ses frères aînés, travailleur émigré en France, qui lui offre sa première guitare en condiciones. Il prend alors quelques cours avec Agustín Ríos, avant d’être pris en main par Diego del Gastor dont il deviendra le disciple le plus proche. Il répugne d’abord à devenir musicien professionnel, préférant rester journalier agricole. Son frère, le cantaor Francisco Torres Amaya "el Andorrano" (Morón, 1942) le convainc enfin.

C’est Gonzalo García Pelayo qui lance la carrière de Diego de Morón : en 1975, il le persuade d’enregistrer pour le label Movieplay quatre LPs en hommage à Diego del Gastor ("A Diego" — cf. discographie), deux en solo et deux avec son père, Joselero. García Pelayo est à l’époque critique de rock pour l’hebdomadaire Disco Express et produit pour la télévision espagnole le programme "Para vosotros jóvenes". Le guitariste est donc un habitué des salles de rock, ce dont témoignent un enregistrement live avec son père au Zeleste de Barcelone (Edigsa, 1975) et un disque réalisé en 1977 avec des membres des groupes de rock andalou Triana et Granada — on y trouve le hit por bulería "Aire fresco". L’ère García Pelayo s’achève en 1978 avec un magnifique retour aux fondamentaux traditionnels, toujours avec Joselero ("Todos mis hijos", LP Movieplay). Père et fils continuent dès lors à se produire sporadiquement en duo (festivals andalous et peñas).

"La eterna historia de lo que pudo haber sido y no fue" (José Manuel Gamboa) : à la mort de son père, Diego de Morón revient à son penchant antérieur pour les réunions en petit comité et évite avec constance les contraintes du showbiz. Il a souvent déclaré que, comme son oncle Diego del Gastor, il n’appréciait guère les grandes foules. Sa carrière devient de plus en plus erratique, d’autant qu’il rechigne à accompagner le cante : "Yo no acompaño al cante, a los cantaores lo único que les interesa es una guitarra que le dé los tonos y el compás, no un artista que sea bueno. Tienen un poco de complejo y no quieren que le acompañe nadie bueno. Si yo tengo un pellizco y el público me jalea a mí, al cantaor no le gusta eso. Cuando se trata de dos artistas sensibles, entonces sí funciona. Yo sólo toco con la gente pura, con mi padre, con Fernanda de Utrera o con El Perrate”. Seule la Biennale de Séville se souvient encore de lui — “Recordando a Diego del Gastor” (Hotel Triana, 1984), “Puerta Real” (Torre de Don Fadrique, 1990), “Añoranzas” (Teatro Central, 1998). Il fait cependant quelques tournées aux États-Unis (son oncle Diego y jouit d’une grande notoriété grâce aux fameux stages et autres juergas organisés par Donn E. Pohren à la Finca Espartero), en Europe et surtout au Japon. Ces dernières années, il semble cependant avoir repris goût à la scène. On a pu l’écouter à la Maison de la Culture de Morón pour le cinquantenaire du "Gazpacho Andaluz" (2013), au Círculo Flamenco de Madrid ( 2017) ou, en mano a mano avec Pepe Habichuela, au XXIIe Festival de Jerez (2018).

La première pièce dont nous vous proposons la transcription est extraite de l’enregistrement réalisé en 2016 pour la collection "Flamenco y Universidad" (Volume XXXIV, Fonoruz), qui sera peut-être le testament musical d’un des grands poètes du toque. Comme l’a si bien écrit Manuel Bohórquez Casado : "Encima, este genio olvidado y maltratado, es un corazón con seis cuerdad" (El Correo de Andalucía, 23 septembre 1998).

NB : l’interprétation des compositions de Diego de Morón est plus une question de style que de technique (encore que, pour le"peso"...). Pour vous pénétrer de leur esprit, nous vous conseillons d’écouter l’interview réalisée par Manuela Papino e 19 juin 2008, augmentée d’enregistrements inédits que nous a offerts le guitariste Antonio Fernández — Diego de Morón : entrevista y grabaciones inéditas.

Claude Worms

Discographie

• LPs et CDs solo :

"A Diego" (volumes 1 et 2) — LP Movieplay, série Gong (1975)

"Diego de Morón" — LP Movieplay, série Gong (1977)

"Vivo en Japón" — CD Acústica (1998)

"Diego Torres Amaya“ (collection "Flamenco y Universidad", volume XXXIV) — CD Fonoruz (2016)

• LPs avec Joselero :

"A Diego" (vulumes 1 et 2) — Movieplay, série Gong (1975)

"En directo. Zeleste" — Edigsa (1976)

"Todos mis hijos" — Movieplay, série Gong (1978)

• Rééditions en CD :

"Dieguito de Morón. A Diego el del Gastor, en Morón" (Collection "Cultura Jonda", volume 21) — Fonomusic (1997). Extraits des LPs "A Diego" (solos) et "Diego de Morón".

"En directo. Zeleste" — PDI ((1994)

Photo : Fidel Meneses

Transcription (Claude Worms)

NB :

• Les épisodes pendant lesquels le carcan du compás se relâche sont l’un des charmes du toque de Morón, mais rendent l’écriture rythmique problématique. C’est le cas ici pour les systèmes 1 et 2 de la page 2 et leur reprise variée des systèmes 2 à 4 de la page 6 (marqués "rubato"). Nous aurions pu les noter ad lib. Nous avons préféré maintenir l’écriture a compás pour tenter d’en préciser les appuis mélodiques, mais d’autres interprétations sont possibles.

• Les deux passages en arpèges (systèmes 3 et 4 de la page 3 et systèmes 3 et 4 de la page 4 à système 1 de la page 5) sont construits sur une pédale de G7 sur les trois premières cordes (Sol / Si / Fa). Nous avons choisi d’écrire systématiquement un Fa première corde, même si l’on entend par instants un Mi à vide (première corde).

• Nous avons transcrit le dernier compás de la pièce tel qu’il est joué... sur treize temps. Mais vous pouvez aisément transformer la mesure à 4/4 en un medio compás de six temps — cf. modification, au bas de la page 7.

Transcription (Claude Worms

Alegrías / page 1
Alegrías / page 2
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Alegrías / page 6
Alegrías / page 7
Alegrías

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Alegrías / page 2
Alegrías / page 1
Alegrías




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