Après des débuts prometteurs dans les festivals andalous des années 1970, sa carrière est brusquement interrompue par une grave maladie (sa soeur la
sauvera en lui faisant don d’ un rein) dont le traitement la contraint à émigrer à Barcelone. Malgré quelques tournées à l’ étranger, au Japon notamment, l ’essentiel de son activité musicale reste depuis cantonné à sa ville natale, où elle est devenue une référence respectée du cante traditionnel, comme en témoignent divers hommages et enregistrements, malheureusement peu, ou pas du tout distribués par les autorités culturelles locales (incompréhensible autant que regrettable...) : "Canta Jaen" (1982 - avec Rafael Romero, Carlos Cruz et Pepe Polluelas), "Raíces y esencias" (2002) et "A la verde oliva" (2009).
Ses trois remarquables enregistrements "officiels" de la fin des années 1970 attendent toujours une réédition en CD : "Rosario López" (1975), "Pasión, muerte y entierro de García Lorca" (1977) et "El cante de Rosario López"
(1978, avec la guitare de Juan Habichuela). On ne trouvera en CD que cinq cantes (Cantes de Madrugá, Soleares, Peteneras, Siguiriyas et Tientos) enregistrés au cours d’ un récital à la Peña Flamenca de Jaen en 1989 : anthologie "Ellas dan el cante. Mujeres en el Flamenco. Actuaciones históricas" - 2 CDs RTVE Música 62095, 2007 (cf : rubrique "Nouveautés CD").
Nous vous proposons cinq des neuf cantes du programme de son premier LP, accompagnés par José Cala "El Poeta" : LP Zafiro, série Raíces, ZL 164 (1975).
A une époque où la restitution du répertoire traditionnel supposait une opiniâtre chasse aux 78 tours incunables, les références de Rosario López témoignent d’ une curiosité musicale peu commune : Pastora Pavón "Niña de los Peines" naturellement (Peteneras, Tangos - avec cependant un détour par une très récente création d’ Enrique Morente, de "Se hace camino al andar...", paru la même année que le premier enregistrement de Rosario López), mais aussi El Tenazas (sans doute par le magistère de Manuel Celestino "Cobitos"), El Gloria (Fandangos), Cayetano Muriel "Niño de Cabra" (Cantes de Minas), Manolito de María (Bulerías)... (cf, ci-dessous, "Programme"). Pour autant, le disque n’ est pas seulement une oeuvre d’ archiviste scrupuleuse (ce qui ne serait déjà pas si mal). Avec un timbre à la fois sombre et velouté et un sens très sûr des contrastes dynamiques, la cantaora s’ approprie les modèles avec une force expressive singulière.
Claude Worms
Transcription
José Cala "El Poeta" : Siguiriya (introduction)
Programme
Cante : Rosario López
Guitare : José Cala "El Poeta"
Bulerías (Manolito de María)
Tangos (Niña de los Peines / Enrique Morente)
Fandangos (El Gloria)
Soleares de Triana (version El Tenazas)
Siguiriyas (El Nitri / El Planeta)