Tablaos : Las Carboneras de Madrid

lundi 31 août 2009 par Nicolas Villodre

Plusieurs établissements délivrent la bonne parole flamenca dans la capitale espagnole : le Café de Chinitas et le Corral de la Moreria, qui se veulent, disons « chicos » ; Torres Bermejas, Clamores, qui alterne flamenco et jazz ; Las Tablas, situé sous un échangeur urbain (attention les yeux : gare à la pollution et, surtout, à la traversée à pied dans le noir !) ; El Corral de la Pacheca, Arco de Cuchilleros, la Casa Patas qui est notre chouchou, etc.

Cet été, nous avons testé pour vous Las Carboneras. Le tablao est situé dans le quartier très central des « Austrias », pas loin de la Plaza Mayor, tout près du studio de montage et de mixage où Almodovar et d’autres cinéastes actuels ont leurs habitudes, à quelques pas du marché San Miguel qui devient, à la tombée du soir, un immense complexe à tapas, et où les madrilènes viennent volontiers boire un verre de Rioja, un tercio de Mahou bien fraîche, ou une coupe de « champagne » catalan, en avalant des tranches de jabugo, des tartines de foie gras et des huîtres provenant tout droit du bassin d’Arcachon.

Une des qualités que nous avons pu apprécier dès notre arrivée au tablao Las Carboneras est l’honnêteté de l’accueil : alors que le prix d’entrée affiché est en principe de 29€, le fait que le Pariscope local, la Guía del ocio, ait annoncé le tarif de 22€ nous a permis d’accéder à ces conditions avantageuses, sympathiques, qui donnent droit en sus à une boisson et à une grande assiette d’olives.

Le personnel est donc chaleureux, jeune et un peu endimanché. La scène, réduite au minimum, supporte tout de même huit artistes sans s’effondrer – deux guitaristes, deux chanteurs, un palmero et trois danseuses, sont au programme ce soir-là. Les plus connus étant d’après la charmante hôtesse : Ana Romero, Vanesa Coloma, Tamar, Juan Manuel et Ángel Gabarre.

Les touristes sont majoritaires dans le public, mais il y a toujours dans un recoin de la salle un groupe de gitans, quelque membre de la famille venu assister à la performance et soutenir tel ou tel des artistes. L’ingénieur du son (qui cumule la fonction de chef éclairagiste), barbichu, porte le bermuda estival réglementaire. Les danseuses étaient convaincantes. La première était puissante, énergique. La deuxième avait un fier port de bras et a joué les coquettes avec les effets de son châle blanc. La dernière, en robe rouge, pleine de fougue, nous a paru la plus expérimentée. Les jeunes femmes ont fini leur routine en se lâchant totalement sur scène.

Les deux guitaristes ont assuré le set et ont pris les relais sans anicroche. Ils ont été excellents et sont restés au plus près d’une ligne plutôt traditionnelle. Nous avons eu droit pour le même prix à deux chanteurs : l’ un avec de la bouteille, mais dont la prestation nous a semblé minimaliste et dont nous avons perçu un timbre un peu cotonneux ; l’ autre, assez jeune, qui a toujours été juste, que ce soit en intensité, en altération, ou en distorsion. En distinction également.

Nicolas Villodre

Photos : Nicolas Villodre





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