Paires / Impaires : Biennales de Séville et de Chaillot

dimanche 15 juin 2014 par Claude Worms , Maguy Naïmi

La Biennale d’Art Flamenco de Paris (Théâtre de Chaillot) et la Bienal de Flamenco de Séville viennent de signer un accord de partenariat (coproductions, échanges d’artistes et de spectacles, mise en commun de moyens logistiques...), chacune conservant par ailleurs son format et sa personnalité propres. Deux programmations complémentaires alterneront donc à Séville (années paires - 2014 : 18ème édition) et à Paris (années impaires - 2015 : 2ème édition)...

Dans le contexte des "recortes" frappant particulièrement la culture (l’éducation, la santé...), aussi drastiques qu’aveugles de part et d’autre des Pyrénées (et quelque soit la couleur politique affichée par des gouvernements exclusivement soucieux d’"orthodoxie budgétaire et monétaire"), l’un des rares thérapeutiques palliatives est assurément de jouer la carte de la collaboration et de la complémentarité, qui ne peut être que bénéfique pour les artistes et le public, plutôt que celle de la concurrence et de l’exclusivité qui sévit encore trop souvent dans le cercle fermé des "grands" festivals espagnols et européens.

XVIII Bienal de Flamenco de Sevilla : 12 septembre - 5 octobre 2014

Dédiée à la mémoire de Paco de Lucía (d’où le sous-titre de cette édition : "Fuente y caudal"), la Bienal 2014 annonce 75 représentations pour 66 spectacles et concerts, dont 20 créations mondiales et 3 créations nationales. Un gigantisme qui ne nuit pas à la qualité et à la diversité d’une programmation où chacun pourra baliser son propre parcours, selon ses goûts et ses curiosités. L’agenda du festivalier risque d’être chargé, mais il sera grandement simplifié par la spécialisation de certains des huit lieux de spectacle - les amateurs plus ou moins exclusifs de danse, de chant ou de guitare trouveront bien vite leur itinéraire favori.

Est-ce un signe, les galas d’ouverture et de clôture sont des hommages à deux cantaores, Enrique Morente et El Lebrijano ? (respectivement les 12 septembre et 5 octobre, à 20h30, au Teatro de la Maestranza). Si l’on ne sait rien encore de l’affiche du second, celle du premier fait rêver : Estrella, Soleá et José Enrique Morente, Carmen Linares, El Pele, Arcángelet Juan José Amador pour le chant, Pepe Habichuela pour la guitare, et Belén Maya, Javier Latorre et Israel Galván pour la danse. La conception étant signé par les trois iconoclastes mais néanmoins très savants experts G. Romero, José Luis Ortiz Nuevo et José Manuel Gamboa, on ne devrait pas s’ennuyer. En tout cas, la programmation des récitals de chant, et dans une moindre mesure de guitare soliste, sera cette année particulièrement riche et sans doute passionnante.

Visite guidée partielle et partiale...

Espacio Santa Clara, patio - photo Bienal de Flamenco

Espacio Santa Clara. Dormitorio alto - tous les concerts à 19h

Salle intime et nombre de places souvent trop réduit pour la demande... C’est que le dortoir supérieur du couvent Santa Clara (à deux pas de l’Alameda, et donc des statues de Pastora Pavón et de Manolo Caracol) est particulièrement propice aux récitals intimistes, et accueille des événements rares - découvertes de jeunes talents ou hommage à des maîtres vétérans (lors de la dernière édition, La Sallago ou M1arquez el Zapatero par exemple). A tel point que les amateurs de cante pourraient parfaitement prendre pension au Dormitorio sans s’aventurer plus loin...

Pour les hommages, on ne ratera sous aucun prétexte le récital de Felipe (E)Scapachini (30 septembre), l’un des derniers dépositaires de la tradition gaditane des Aurelio Sellés, Pericón, Manolo Vargas, El Flecha... De Cádiz également (ou de son aire stylistique), deux soirées familiales (transmission orale de père à fils) : Juan Villar & Hijo (19 septembre) et Canela de San Roque & Hijo (26 septembre). Digne héritier de Tío Juane, Nano de Jerez est au cante du barrio San Miguel ce que Felipe Scapachini est à celui du barrio Santa María ; c’est tout dire... (2 octobre).

Pour les jeunes talents (cante) nous vous conseillons l’excellente Rocío Bazán (22 septembre), que nous avons découverte grâce au Festival de Toulouse, et Jeromo Segura (1er octobre) récemment primé à La Unión (cf : critique dans notre rubrique "Nouveautés CD"). Côté guitaristes, un récital de Manuel Valencia (18 septembre) vous prouvera que le "toque jerezano" peut encore être à la fois fidèle à ses racines et contemporain. Autre guitariste jerezano à ne pas manquer, dans un tout autre style, Alfredo Lagos (3 octobre).

Les mélomanes plus aventureux s’intéresseront aux concerts de José de la Tomasa, Manolo Franco et des solistes de La Orquesta Barroca de Sevilla (les 14, 21 et 28 septembre), et au duo expérimental formé par Raúl Cantizano (guitare et zanfoña) et Enrique Montiel (percussions et trompette) sur fond de "loops" générés en temps réel par les deux musiciens (24 septembre).

Il faut bien faire des choix... Mais, sans complaisance de notre part, tous les autres concerts programmés au Dormitorio méritent le détour : Manuel Cástulo (16 septembre), Melchora Ortega (17 septembre), Miguel Ortega (23 septembre), José Ángel Carmona (25 septembre) pour le cante ; Manuel de la Luz (15 septembre) pour la guitare ; et Ariadna Castellanos (29 septembre) pour le piano.

Espacio Santa Clara. Claustro - tous les concerts à 23h

Le cloître est l’annexe du dortoir supérieur (ou vice-versa...) : même type de concerts, et donc d’artistes, la demande attendue étant sans doute plus importante, ce qui explique leur programmation dans un lieu de plus grande capacité.

Le duo José María Gallardo del Rey / Miguel Ángel Cortés, guitare classique / guitare flamenca (17 septembre), ne devrait pas décevoir les amateurs de guitare : le premier a depuis longtemps consacré son talent de compositeur et d’interprète au répertoire flamenco (cf : le CD "La Maestranza", enregistré live au Teatro Lope de Vega lors de la X Bienal, en 1998) ; le second a une longue expérience de collaboration avec les musiciens "savants" (cf : son récent enregistrement, "Las idas y las vueltas", avec Árcangel et l’ Academia el Piacere de Fahmi Alqhai)). A l’autre extrémité de l’éventail stylistique du toque, trois générations de guitares jerezanissimas du maître Paco Cepero (30 septembre) à Diego del Morao (22 septembre).

Pour le cante, une soirée Utrera - Inés Bacán et Miguel Funi (15 septembre) devrait combler les traditionalistes purs et durs. Les autres ne se priveront pas des récitals de Miguel Lavi et Pedro el Granaíno (29 septembre).

Autres concerts :

13 septembre : Lucía Álvarez "la Piñona", Rubito de Pruna, El Barrullo et Toñi Fernández.

24 septembre : Mara Rey, Zamara Carrasco, Anabel Valencia et Amparo Lagares

2 octobre : Juan José Amador, Enrique el Extremeño et Guadiana (belle soirée extremeña en perspective).

Teatro Alameda

Teatro Alameda

A deux pas de l’Alameda et de l’ Espacio Santa Clara, le Teatro Alameda est dédié aux spectacles pour le jeune public - théoriquement, car d’après notre expérience personnelle, les adultes ne s’y ennuient pas non plus (sans compter le public, chaleureux et très r"actif). Trois spectacles cette année, chacun étant logiquement programmé sur un week-end, les vendredis à 12h, et les samedis et dimanches à 19h.

La nouvelle production du Varuma Teatro, "NS/NC", est indispensable (19, 20 et 21 septembre). Les spectateurs qui ont eu le privilège d’applaudir l’étonnant "Malgama", mélange détonnant de flamenco et de cirque, au festival de Nîmes nous comprendront. La qualité et la variété de conception des spectacles suivants de la troupe ("La visita", "Renglones imaginarios", "Susurros" et "Aire flamenco") ne nous a jamais déçus. Non plus que la poésie, l’humour et la finesse du "Flamencolandia" de la compagnie d’Anabel Veloso (26,27 et 28 septembre).

Autres spectacles

3, 4 et 5 octobre : Producciones Infantiles Miguel Pino, "La guitarra voladora" (nous ne connaissons pas, mais le titre promet...)

13 septembre à 19h : le traditionnel spectacle des "Ganadores del Certamen Andaluz de Jóvenes Flamencos". Quatrième édition, avec cette année Antonio García Bermúdez, Rafael Ramírez Vílchez et Álvaro Pérez Álvarez - à découvrir.

Hotel Triana - photo Bienal de Flamenco

Hotel Triana

Superbe patio à balcons de types "corralas", dont l’architecture est en général parfaitement exploitée pour mettre en espace des spectacles recréant l’atmosphère de réunions flamencas traditionnelles dans quelques lieus mythiques du flamenco. Affiches pléthoriques assorties d’une bonne dose d’improvisation. Tout peut se passer : les meilleurs moments, pour qui sait les capter, quand les artistes finissent par oublier qu’ils sont sur scène. Deux soirées sont consacrées cette année à Lebrija ("Fiesta en Lebrija", le 19 septembre, à 23h45) et à Morón (20 septembre, à 23h45) :

Lebrija : Concha Vargas, Juana Vargas, Luis Malena, Fernanda Carrasco, Miguel Funi Hijo, Carmen de Quintín, El Feíto, Antonio Malena, Ricardo Moreno, Curro Vargas, Nano Peña.

Morón : Jairo Barrull, Pepe Torres, David el Galli, Moisés Cano, Juan José Amador, Dani de Morón, Paco Iglesias.

Dans un format plus réduit, deux autres hauts lieux du flamenco seront à l’honneur :

Barcelone, le 26 septembre à 23h : Montse Cortés, Duquende et Chicuelo

Séville, le 27 septembre à 23h : la Familia Fernández et Concha Vargas. L’équipe jouant à domicile, chaude ambiance prévisible.

Reales Alcázares

Reales Alcázares - tous les concerts à 21h30

Avec le cadre prestigieux des Reales Alcázares, nous passons à la partie "vitrine internationale" de la programmation. Les têtes d’affiche sont en général une garantie de qualité (quelques exceptions confirment cependant la règle...), mais on pourra faire quelques impasses, dans la mesure où la plupart de ces artistes sont habitués de tournées internationales qui passent en général par les grandes scènes et les grands festivals français (les compagnies de danse particulièrement) - les mêmes remarques s’appliquent aussi aux trois grands théâtres : Central, Lope de Vega et Maestranza.

Pour les Reales Alcázares, trois concerts successifs :

Marina Heredia, avec la formation que certain(e)s de nos lectrices et lecteurs auront pu écouter à Nîmes : José Quevedo "Bolita", Diego del Morao et Paquito González (18 septembre)

Tomatito sextet (19 septembre) - programmé en mai 2013 à La Villette et en mai 2015 à la Philarmonie 2.

Esperanza Fernández, accompagnée par Miguel Ángel Cortés (20 septembre) - programmés en juin 2014 à La Villette et en mars 2015 au Théâtre de Chaillot.

Teatro Lope de Vega

Teatro Lope de Vega - tous les concerts et spectacles à 20h30

Quelques grandes soirées de cante dignes de la superbe réplique de théâtre à l’italienne version art-déco inaugurée en 1929 pour l’ Exposition ibéro-américaine.

Commençons par le must de cette édition, le concert de Mayte Martín, qui plus est accompagnée par José Luis Montón et Juan Ramón Caro (16 septembre). Presque ausi indispensable, le mano à mano entre deux des plus brillants jeunes cantaores "classiques" de ces dernères années : Antonio Reyes et Jesús Méndez - Cádiz - Jerez (24 septembre).

Judicieusement intitulée "Toda una vida" (1er octobre), la soirée dédiée à six maîtres vétérans devrait être riche en émotion. Mémoires vivantes, et cordes vocales et pieds en grande forme : on ne devrait pas s’ennuyer un instant à cette chronique d’un demi siècle de flamenco : La Cañeta, Curro de Utrera, Rancapino, Romerito (cante), El Carrete et El Pelegrino (baile). Et à la fin, c’est La Cañeta qui gagne (me souffle Maguy Naïmi).

Les amateurs de puissance expressionniste et d’ "entrega" ne manqueront pas le récital de José Valencia (30 septembre), tandis que les esthètes se régaleront de celui d’Arcángel (3 octobre) - pour notre part, nous ne voyons pas très bien pourquoi il faudrait choisir, et se priver de l’un ou de l’autre.

L’ hommage à Séville (28 septembre) conjugue les références à Pastora Pavón, Pepe Marchena, Manuel Vallejo, Pepe Pinto et Antonio Mairena (cante : Segundo Falcón), à Niño Ricardo (guitare : Paco Jarana, Rafael Riqueni et Manolo Franco - excusez du peu) et à l’école sévillane de baile (Antonio Canales) : noble ambition, mais cahier des charges bien exigeant.

Le duo Dorantes - Renaud García Fons (piano - contrebasse à cinq cordes) nous offrira sans aucun doute un beau moment de musique (22 septembre).

Pour la danse, personne ne voudra se priver de la dernière création d’ Israel Galván, "Flacomen" (16 septembre), que ce soit pour l’admirer ou pour la détester. A propos du dernier festival de Nîmes, nous avons déjà eu l’occasion d’écrire tout le bien que nous pensions de l’intelligence et de l’élégance de la dernière production d’Isabel Bayón, "Caprichos del tiempo" (23 septembre).

Autres spectacles :

26 septembre : Karime Amaya, Jesús Carmona et Paloma Fantova : "Cuerpo, mente, alma".

2 octobre : Adela et Rafael Campallo : "Sangre" - avec un beau plateau de musiciens : Jeromo Segura, Jesús Corbacho (chant), David Vargas et Juan Campallo (guitare).

Bref, la programmation du Lope de Vega est le digne pendant, versant stars, de celle du Dormitorio de Santa Clara. On pourra là aussi prendre pension.

Teatro Central

Teatro Central - tous les concerts et spectacles à 23h

Paradoxalement légèrement excentré, le Teatro Central accueille une programmation éclectique, avec quelques grandes affiches de danse, de chant et de guitare.

On en retiendra d’abord le concert de Carmen Linares, Jorge Pardo - (flûte et saxophones), Carles Benavent (basse) et Tino di Geraldo (percussions) (23 septembre). Si la cantaora a souvent collaboré avec le percussionniste, ce sera à notre connaissance sa première rencontre avec Pardo et Benavent, grands musiciens du jazz ibérique, même s’ils sont surtout connus des amateurs de flamenco par leur participation au premier sextet de Paco de Lucía. Nous gardons un excellent souvenir des concerts que Carmen Linares avait naguère donnés à Paris avec la formation de Jean-Marc Padovani. Quand on connaît le perfectionnisme des quatre artistes, on peut s’attendre à un projet soigneusement mûri, et non à l’une de ces "fusions" hâtivement ébauchée sur un coin de table dans le seul but d’appâter quelque programmateur. Rappelons que travail en amont n’est pas un obstacle à la spontanéité de l’improvisation, mais au contraire sa condition indispensable.

Le 18 septembre, nous auront tous à coeur de rendre un hommage respectueux à l’école sévillane du baile, donc à Merche Esmeralda, pour son "Última parada", en espérant que ce titre soit trompeur. Même respect pour Bélen Maya (21 septembre) et ses "Invitados" - elle sera effectivement bien entourée : Gema Caballero, Tomás de Perrate, José Anillo et José Valencia (chant) ; Javier Patiño et Rafael Rodríguez (guitare) ; et un autre invité de dernière minute, Manuel Liñan (danse).

Trois récitals d’artistes pour démontrer que l’émotion, même flamenca, peut aussi s’accomoder de retenue et de finesse musicale : Dani de Morón (guitare soliste - 16 septembre), Rocío Márquez (chant - 14 septembre) et David Lagos (chant - 4 octobre). Ce dernier sera sur scène en famille avec son épouse Melchora Ortega (chant - si vous l’avez manquée au Dormitorio de Santa Clara...), son frère Alfredo Lagos (guitare - si vous l’avez manqué...) et quelques amis (El Londro - chant ; Santiago Lara -guitare ; Leonor Leal et Diego de la Margara - danse).

Autres spectacles de danse :

28 septembre : Patricia Guerrero - "Latidos del agua" (plateau d’artistes granaínos, avec José Ángel Carmona et Luis Mariano).

1er octobre : Manuel Liñan - "Nomada"

3 octobre : Eduardo Guerrero - "El callejón de los pecados"

Teatro Maestranza

Teatro Maestranza - tous les concerts et spectacles à 20h30

C’est le lieu par excellence des événements culturels sévillans. On ne s’étonnera donc pas que les galas d’ouverture et de clôture y soient programmés. Entre les deux, quelques affiches dont on attend à l’évidence qu’ils génèrent un "aforo completo".

La soirée de cante jerezano (13 septembre) attirera sans surprise de nombreux inconditionnels. Les surprises peuvent y être excellentes, compte tenu du talent et de la personnalité des artistes convoqués pour l’occasion : Agujetas, Manuel Moneo, La Macanita, Capullo de Jerez, Luis el Zambo, Juana la del Pipa et Fernando de la Morena. Mais des expériences similaires nous ont appris que la compétition sur scène peut casser l’ambiance, l’improvisation de dernière minute provoquer des temps morts rédhibitoires, et que la tendance générale est de donner au public ce que l’on croit qu’il attend, quitte à faire dans la surenchère et le surjoué. Cependant, le risque vaut naturellement d’être pris, même si le résultat pourrait paradoxalement être par trop prévisible.

Pas de surprise non plus à attendre des prestation de Farruquito (15 septembre) et de Manuela Carrasco (21 septembre). Ce n’est sans doute pas un hasard si l’on ne sait encore rien, ni de leur spectacle, ni des musiciens qui les accompagneront. Une chose est sûre : Farruquito sera sur scène (on ne se comporte pas à la Bienal de Séville comme à Paris...).

Pour les surprises, on s’en remettra donc plutôt à El Pele (27 septembre), imprévisible mais capable de moments de grâce uniques, d’autant qu’il sera accompagné par le pianiste Dorantes.

La qualité vocale et le style d’Estrella Morente (25 et 26 septembre) devraient parfaitement convenir à une expérience de "Flamenco sinfónico" avec la Real Orquesta Sinfónica de Sevilla, et Pepe Habichuela à la guitare pour assurer la continuité familiale.

En coproduction avec le Théâtre de Chaillot, Rocío Molina présentera un "Bosque ardora" d’autant plus prometteur que la musique (y compris des arrangements pour trombones...) est signée par Eduardo Trasierra. Enfin, la veille de l’hommage à El Lebrijano, Pastora Galván concluera en beauté la programmation de La Maestranza avec la création de "La diferencia" (4 octobre).

Et si nous ne devions assister qu’à un spectacle ? Trop dur, disons deux, ou quelques uns... Ce seraient le récital de Mayte Martín et le "Cu4tro" de Carmen Linares, Jorge Pardo, Carles Benavent et Tino di Geraldo. Et puis Felipe Scapachini, Merche Esmeralda et "Toda una vida", parce que nous ne risquons malheureusement pas de les voir en France. Mais nous espérons bien ne pas devoir nous astreindre à un régime aussi draconien.

Bienal de Flamenco de Sevilla

Claude Worms

Photo : Pilar Albarracín

II Biennale d’art flamenco - Théâtre de Chaillot (Paris) : 12 - 22 mars 2015

LA BIENNALE D’ART FLAMENCO DE PARIS ET LA BIENAL DE FLAMENCO DE SEVILLA UNISSENT LEUR TALENT ET LEUR SAVOIR FAIRE

Didier Deschamps directeur du Théâtre National de Chaillot et l’organisation de la deuxième Biennale d’art flamenco de Paris avaient invité au théâtre ce vendredi 13 juin Cristóbal Ortega, directeur de la Biennale de Séville, María de los Ángeles Carrasco, déléguée de la Région Andalouse (Junta de Andalucía), Rafaela Carrasco, danseuse, chorégraphe et directrice du Ballet Flamenco d’Andalousie, et la photographe Pilar Albarracín, qui a conçu l’affiche de la Biennale parisienne.

Le partenariat qui se développe entre Théâtre National de Chaillot, la Biennale de Séville et la Junta de Andalucía se nourrit d’un dialogue artistique régulier et d’ une volonté conjointe de développer des projets communs. Ce partenariat se traduira concrètement dès les éditions 2014 et 2015 des deux biennales, par une programmation conjointe des artistes et spectacles suivants :

_ co-production de la nouvelle création de Rocío Molina, "Bosque ardora".

_ présence du Ballet Flamenco d’Andalousie dont il s’agira des premières représentations à Paris.

_ autres artistes invités des deux Biennales : Antonio Canales, Esperanza Fernández, Rafael Campallo et Adela Campallo, ainsi que deux artistes émergents, Patricia Guerrero et Eduardo Guerrero.

_ accueil du projet pédagogique "Fantasía gitana" avec les marionnettes flamencas de la compagnie Títeres Tenguerengue.

Théâtre National de Chaillot

Les Biennales parisienne et sévillane bénéficiant toutes deux du soutien de la Junta de Andalucía, la parole a été donnée tout d’abord à sa déléguée, qui a insisté sur l’engagement de la Région Andalouse, malgré les difficultés économiques que connaît l’Espagne, de soutenir l’organisation de tels événements. La Biennale de Séville, cette année, s’intitulera "Fuente y caudal", en hommage à Paco de Lucía récemment disparu. La déléguée du gouvernement andalou a également insisté sur l’importance qu’a toujours eu Paris dans l’histoire du flamenco, rappelant que notre capitale a accueilli dès l’ Exposition Universelle de 1889, puis le début du XXème siècle, de nombreux artistes.

Le directeur de la Biennale de Séville a insisté quant à lui, sur le coup de pouce donné à la création. Sur les nombreux spectacles (66) proposés à Séville cette année, 20 sont des créations mondiales, et 3 des créations nationales. Rafaela Carrasco a évoqué le spectacle "En la memoria del cante. 1922" du Ballet Flamenco d’Andalousie, dont elle est la directrice artistique et la chorégraphe (avec David Coria). Elle a rappelé à quel point le premier concours de Cante Jondo organisé à Grenade en 1922 par Federico García Lorca et Manuel de Falla fut un moment important dans l’histoire du flamenco. "Fue un momento importante. Una serie de intelectuales se aunaron para ensalzar el valor cultural del flamenco. Es un cachito de nuestra historia (…), nuestra seña de identidad".

La photographe Pilar Albarracín est également intervenue pour nous faire part de sa satisfaction d’être associée à un tel projet. Elle est l’auteur du visuel introduisant la Biennale parisienne et elle exposera ses œuvres à la galerie GP&N Vallois, au Théâtre de Chaillot. Elle proposera des ateliers exceptionnels aux enfants du "Musée en herbe", pour les initier aux codes de la culture flamenca.

Didier Deschamps a répondu avec une grande courtoisie à nos questions, même lorsque celles-ci tenaient du reproche implicite. Pourquoi n’y a-t-il pas de récital de chant programmé à la Biennale parisienne, pourquoi n’a-t-on pas organisé de stage de danse... ? Il nous a été rappelé que Chaillot est le Théâtre National de la Danse et que par conséquent celle-ci était une priorité. Nous avons également appris que de nombreuses salles seraient fermées pour cause de travaux, ce qui rendait difficile l’organisation de récitals de chant et de stages de danse.

Théâtre National de Chaillot, salle Jean Vilar / Photo P. Berger

Programme de la deuxième Biennale d’art flamenco de Paris (voir aussi les dates dans notre agenda)

Du 5 au 22 mars 2015

Rafaela Carrasco : "En tu huella" (Sur ta trace). Pour ce gala d’ouverture, la chorégraphe a réuni des artistes issus d’une lignée de flamenquistes : Antonio Canales, et la famille Campallo (Rafael et Adela) trois chanteurs, trois guitaristes et un percussionniste.

"En tu huella" : le 12 mars à 21h, salle jean Vilar.

Artiste associée à Chaillot, Rocío Molina présentera sa nouvelle création "Bosque ardora", accompagnée des danseurs Eduardo Guerrero et David Coria, ainsi que de nombreux musiciens (Eduardo Trassierra - guitare et composition ; José Angel Carmona - chant, pour ne citer qu’eux)

"Bosque Ardora" : le 14 mars à 21h et le 15 mars à 14h30, salle Jean Vilar.

Nous retrouverons Rocío Molina associée à la danseuse germano-coréenne Honji Wang. Sébastien Ramirez, chorégraphe de talent, féru de hip hop, grand explorateur de la danse contemporaine, a souhaité réunir dans un même spectacle ces deux danseuses exceptionnelles, aux origines éloignées. Le spectacle "Felahikum", dont il assure la direction artistique et la chorégraphie sera présenté dans la salle Jean Vilar.

"Felahikum" : les 18 et 19 mars à 21h, salle Jean Vilar.

Le danseur Eduardo Guerrero, le chanteur Jeromo Segura et le guitariste Salvador Gutiérrez présenteront leur spectacle "Unión". Le titre fait allusion au Concurso y Festival del Cante de las Minas, dont ils ont été lauréats.

"Unión" : le 18 mars à 19h, au Grand Foyer

La Biennale accueille également un projet pédagogique, "Fantasía gitana", avec les marionnettes flamencas de la compagnie Títeres Tenguerengue. Autour des personnages, (un jeune garçon "El Espumita", accompagné d’un lutin gitan ; Manuel "El Pena" et sa guitare Manuela), des images projetées recréent un univers poétique inspiré par la nature.

"Fantasia gitana" : tout public, à partir de 5 ans, salle Maurice Béjart (durée 40mn)

Le 20 mars à 10h ; les 19, 20, et 22 mars à 14h30 ; le 21 mars à 15h30 et 19h30.

Création à Chaillot, sur une idée originale du chanteur Antonio Campos et la musique du pianiste Pablo Suárez, "Cuando sueñan los ríos" est une chorégraphie de la jeune danseuse Guerrero.

"Cuando sueñan los ríos" : le 20 mars à 21h et la 21 mars à 17h, Grand Foyer.

"En la memoria del cante. 1922" réunira sur la scène de Chaillot, les danseurs Rafaela Carrasco, David Coria, Ana Morales Hugo López, et le corps du Ballet Flamenco de Andalucía. Sur une musique de scène associant les "Nuits dans les jardins d’Espagne" de Manuel de Falla, des enregistrements historiques des plus grands cantaores de l’époque, José Antonio Suárez "Cano" et Jesús Torres (guitare), et Antonio Campos et Miguel Ortega (chant), les danseurs nous feront revivre ce moment important que fut le Concours de Cante Jondo de Grenade de 1922.

"En la memoria del cante. 1922" : le 21 mars à 21h et le 22 mars à 15h 30, Ssalle Jean Vilar.

Théâtre National de Chaillot, Grand Foyer / Photo P. Berber

La deuxième Biennale de Paris n’accueille pas seulement des spectacles de danse, les aficionados pourront aussi y voir des films, assister à un spectacle conférence et visiter l’exposition personnelle de Pilar Albarracín.

Projections de films : en collaboration avec le Centre National de la Danse / Cinémathèque de la Danse :

_ "Rocío y José", de Gonzalo García Pelayo : le 8 mars, à 11h30, à la Cinémathèque Française.

_ "Les grandes figures du flamenco", le 24 mars à 19h, au Centre National de la Danse.

Spectacle-conférence : "La mujer en el cante"

Conférencier : Manuel Curao / Chant : Esperanza Fernández / Guitare : Miguel Ángel Cortés.

Exposition : Pilar Albarracín

_ à la galerie GP & N Vallois (Paris), à partir du 5 mars.

_ au Théâtre National de Chaillot, salle Maurice Béjart du 5 au 15 mars, aux heures d’ouverture du théâtre

Ateliers au Musée en herbe (Paris) : du 16 au 20 mars

Musée en herbe

Théâtre de Chaillot

Maguy Naïmi





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