XXème festival "Arte Flamenco" de Mont - de - Marsan (2008)

jeudi 25 septembre 2008 par Nadia Messaoudi

Comme si vous y étiez... Nos lectrices et lecteurs qui (comme moi hélas !) n’ ont pas la chance de pouvoir assister au Festival de Mont - de - Marsan, l’ un des événements majeurs du flamenco hexagonal, pourront se consoler en suivant les reportages de Nadia Messaoudi (Claude Worms)

Eva et les quatre poètes (Lundi 7 juillet)

Fiche technique

Spectacle : “A cuatro voces” ("A quatre voix")

Danse, chorégraphie et direction artistique : Eva La Yerbabuena

Danseuses : Mercedes de Córdoba, María Moreno, Asunción Perez Choni, Lorena Franco

Danseurs : Mariano Bernal, Eduardo Guerrero, Alejandro Rodríguez, Juan Manuel Zurano

Chant : José Valencia, Enrique Soto, Pepe de Pura, Jeromo Segura

Guitare, Composition et direction musicale : Paco Jarana

Guitare : Manuel de la Luz

Percussion : Raúl Domínguez

Flûte et saxophone : Ignacio Vidaecha

Lieu : Espace François Mitterrand

Heure : 21h

Durée : 1h50

Le festival de Mont-de-Marsan accueillait pour sa grande soirée d’ inauguration le spectacle "A Cuatro voces" de Eva La Yerbabuena. Devant une salle comble de 1500 personnes, les "fans" d’Eva et les amateurs en tout genre ont découvert une pièce complexe où se mêlent flamenco et théâtre.

Poétique et à l’esthétique recherchée, l’œuvre est un hommage à quatre plumes, quatre très grands poètes de la littérature espagnole. Des hommes aux destins tragiques comme Eva les aime, des hommes qui ont profondément marqué les pas de la danseuse.

Miguel Hernández, qui trouve la mort dans les prisons de Franco en 1942 ; Federico García Lorca, lui aussi victime du franquisme ; Blás de Otero et Vicente Aleixandre, prix Nobel de littérature en 1977. Ces poètes qui ont vécu la page la plus obscure de l’histoire de l’Espagne ont chacun inspiré les chorégraphies d’Eva.

Le premier tableau sera illustré par le texte lu en français de Miguel Hernández, "Llantos de madres" ("larmes de mères"). Un texte qui annonce la couleur. Déchirure et douleurs, le visage d’Eva exprime ces sentiments profonds avec un sens aigu de la dramaturgie. Pepe de Pura l’accompagne d’une voix juste et posée avec une Serrana suivie d’une Siguirya qu’Eva interprète vêtue de rouge, en contraste avec les danseurs de sa compagnie qui l’entourent d’obscurité. La mère en larmes crie sa douleur, se jette contre les murs invisibles. Les paumes des mains refermées sur l’être aimé, elle pleure la mort de l’enfant. Renversante Eva qui sur cette chorégraphie ne manque pas d’émouvoir le public.

Le second tableau s’ouvre par un Fandango. Mais les trois chanteurs attablés ne seront pas à la hauteur de nos attentes. Sur un texte de Vicente Aleixandre, les quatre danseurs entrent en scène pour interpréter une Soleá por Bulería, "Desde niños". Le plus fougueux d’entre eux s’échappe pour se lancer dans une danse frénétique. Un solo admirablement dansé, qui met le feu aux poudres.

Pour le troisième tableau, Eva revient, inspirée cette fois par un texte de Blás de Otero, "Fieramente ángel", ("Fier d’être un ange"), sur lequel elle interprète une Alegría. La mère en deuil a cédé sa place à la fière andalouse. La Yerbabuena est en couleurs. Les bras et les épaules ondulent et le zapateado comme toujours est impeccable. Le contraste est déconcertant parfois même troublant.

Enfin, le dernier tableau, consacré à Federico García Lorca, s’ouvre sur une forme plus théâtrale où l’accent est mis sur la composition esthétique. Jeune fille en blanc allongée sur un banc et pétales de fleurs qui pleuvent sur la scène. Les danseurs de la compagnie se lancent dans des Bulerías qui n’auront pas marqué nos esprits. Mais au coin de la scène Eva est là, debout, curieusement vêtue d’un pantalon et d’une veste, elle participe à la chorégraphie de jeu d’échec avec ses danseurs. Tour à tour, elle observe, se rapproche puis s’éloigne pour revenir plus mystérieuse que jamais et pour finir par une Soleá. Cette fameuse Soleá qui fait d’ Eva La Yerbabuena une des plus grandes artistes du moment.

NB : Lire notre entretien avec Eva La Yerbabuena, de mai 2008, dans la rubrique "Portraits et interviews".

Nadia Messaoudi

Photos : Sébastien Zambon. CG40

La belle de Cádiz et la gitane de Triana (Mardi 8 juillet)

Fiche technique

Première partie : “Los aires de Cádiz ” ("les airs de Cadix")

Danse, chorégraphie : Rosario Toledo

Chant : José Valencia, Juan José Amador

Guitares : Daniel Méndez, Ricardo Rivera

Percussion : Raúl Domínguez

Deuxième partie : récital de La Susi

Chant : La Susi

Guitares : Ramón Amador, Manuel de la Luz

Chœurs : Zamara Amador, Carmen Amador

Palmas : Bobote

Percussions : Luis amador

Direction musicale : Diego amador

Lieu : Café Cantante

Durée : 3h30

A 19h30, c’est l’heure pour le public de Mont-de-Marsan de se rendre au Café Cantante, revu et réaménagé par la Mairie et la Direction de la Culture du Conseil Général pour "una noche de flamenco". Situé sur la place Saint Roch, le marché du même nom mérite le détour. En effet, il propose deux ambiances : une salle de "vidéo cantante" où le public, pour la modique somme de 5 euros, peut assister au spectacle retransmis sur grand écran ; et, quelques mètres plus loin, on entre dans la salle dont la capacité atteint aujourd’hui 765 places. Petite révolution pour le festival qui ne pouvait accueillir auparavant que 450 personnes. Et, comme dans tout "café cantante" digne de ce nom, on s’y restaure de gazpacho, tortilla et autres spécialités andalouses. C’est donc dans ce nouvel espace que la danseuse de Cadix et la gitane de Triana ont donné à voir au public un "flamenco puro".

Pour Rosario Toledo, qui est également programmée dans un spectacle de rue, "Del primer paso" ("Du premier pas" ), Mont-de-Marsan est une étape obligatoire. Cette jeune danseuse a tout à prouver et rien à perdre. Entourée de musiciens de grande classe, Juan José Amador et José Valencia au chant, et Dani Méndez à la guitare, Rosario a placé la barre très haute. Et le résultat est parfois irrégulier.

Mais la belle de Cadiz sait y faire avec le public. Ses mouvements d’épaules, ses ralentis dans les pas de danse, bien enchaînés à des zapateados frénétiques, son grand sens du compás, et surtout son sourire radieux font qu’elle obtient les faveurs du public de Mont-de-Marsan.

Sa première sortie sur une Malagueña, admirablement interprétée par José Valencia, est une danse sensuelle, qu’elle a choisie de danser avec une "bata de cola" (robe à longue traîne), et où l’accent est mis sur de délicates cambrures.

Mais c’est dans la Soleá por Bulería que Rosario triomphe. Une danse simple mais efficace à base de jeux d’épaules, des bras longs et sensuels et des regards malicieux et complices.

La chorégraphie de la Soleá fait en revanche moins d’effet dans la salle. Et c’est peut être une danse de trop. Pour finir, Rosario, comme elle l’avait promis, rend hommage à sa Cádiz natale. Le sel de la baie est bien sur scène, avec une Alegría qui nous emmène au carnaval et à ses nuits sans fin. Un choix judicieux qui nous change des fins de fiesta "por Bulerías".

Parfois moderne, mais bien ancrée dans ses racines gaditanes, enjouée et généreuse, Rosario est une de ces danseuses qui ont encore beaucoup à faire et beaucoup à dire.Pour le chant, on retiendra les Tonás de Juan José Amador et José Valencia, en "mano a mano". Nous avons aussi apprécié la guitare jeune mais très prometteuse de Dani Méndez, tout droit issu de l’école de Morón de la Frontera.

La Susi, en deuxième partie, était « a gusto ». S’adressant au public, elle lance : "Cette terre, ce n’est pas Triana, mais j’ai l’impression d’être à Triana". Sur scène, et sur les précieux conseils du pianiste Diego Amador, c’est le clan Amador qui est bien représenté. Ramón Amador à la guitarre ; Luis, le fils de Rafael Amador aux percussions ; Carmen, la fille de Raimundo, et Zamara, la fille de Joaquin Amador et Manuela Carrasco, pour les choeurs : excusez du peu... A cette équipe, est venu se joindre Bobote pour les palmas et jaleos, qui ont mis à l’aise la grande dame de Triana

. Bref, entourée de la jeune génération de cette grande famille de guitaristes et chanteurs, La Susi a donné un récital de près d’une heure trente avec une pause. Un répertoire trianero à base de Bulerías, Siguiryas, Soleá, Soleá por Bulería, et Tangos. Le timbre de cette chanteuse qui a eu son heure de gloire dans les années 1970 est resté irréprochable. C’est cette voix de velours qui a fait d’elle "la Niña de Camarón". Mais La Susi nous envoûte surtout quand elle interprète ses Bulerías et Tangos, avec toute sa personnalité délirante et ses excentricités.

Cette Susi là, nous la verrons en fin de fiesta, avec un Bobote électrique et qui s’en va avec le pied de micro sous le bras. Olé los flamencos !

Nadia Messaoudi

Photos : Sébastien Zambon. CG40

Mont-de-Marsan emporté par les guitares de deux musiciens de talent (mercredi 9 juillet)

Fiche technique

Première partie : Concert de guitare "Compadres" ("Compères")

Guitares : Niño de Pura, Manolo Franco

Chant : Rafael de Utrera

Palmas : Bobote

Percussions : Agustin Henke

Deuxième partie : Compagnie Juan de Juan. “A mi aire” ("A ma façon")

Danse : Juan de Juan, Carmen de Móron

Guitare : Dani Méndez

Chant : José Valencia, El Pulga, La Tana

Palmas et choeurs : Lola Molina

Percussions : José Carrasco

Lieux : Café Cantante, Marché Saint Roch

Durée : 3h

En ce mercredi ensoleillé, le public du festival de Mont-de-Marsan a pris ses marques. Des stagiaires aux journalistes espagnols accrédités pour le festival, en passant par les artistes, chacun prend plaisir à se retrouver dans une ville où le flamenco est roi. Dans les boutiques du centre ville, les éventails sont arborés aux vitrines et dans les rues résonne le son de la guitare flamenca.

De la guitare, il en était question cette nuit au Café Cantante de la place du marché. Deux guitaristes d’exception ont donné un récital devant un public chaleureux. Niño de Pura et Manolo Franco sont sans doute deux des meilleurs guitaristes du flamenco actuel. Deux artistes sévillans qui ont chacun reçu le prestigieux prix "Giraldillo du toque" remis par la Biennale de Seville.

Les "compères", comme ils se font appeler, se sont retrouvés pour un duo où il n’y a pas un premier et un second guitariste, mais seulement deux musiciens qui partagent l’amour de la guitare. Interprétant tour à tour, puis à quatre mains, leurs compositions, ils ont offert un récital large et bien nuancé. Sur scène, le résultat est un concert complet d’où l’on ressort satisfait.

Complicité et intelligence sont les maîtres mots. Chacun, avec un son et une musicalité particulière, a interprété le répertoire avec sensibilité. Manolo Franco, une Granaína, mélodique et rythmique ; Niño de Pura, une Taranta douce et poétique.

Avec la complicité de Bobote, toujours prêt à "bobotear", les deux compères se retrouvent en force pour une Alegría au compás endiablé, accompagnée au chant par Rafael de Utrera. Puis c’est Manolo Franco qui interprète une Guajira aux sonorités latino-américaines savoureuses et chargées de richesse musicale. Les deux hommes se retrouvent pour un Fandango de Huelva où Rafael fait montre d’une grande justesse dans la voix. Un final "por Bulería" et une "pataíta" (petits pas de danse) de l’irremplaçable Bobote pour clôre un concert de guitare comme on aimerait en entendre plus souvent.

En deuxième partie, Juan de Juan, jeune danseur originaire de Morón de la Frontera, disciple d’ Antonio Canales, de Cristina Hoyos, et de Mario Maya, digne représentant de l’école de Morón aux côtés de Juana Amaya et Pepe Torres, a donné un spectacle généreux et explosif.

Pour ce jeune danseur, "A mi aire" est un hymne à la liberté de danser, de s’exprimer. Des sentiments qu’il veut faire partager au public. Pour ce spectacle, pas de mise en scène particulière : les chanteurs sont debout, vont et viennent pour entourer les deux danseurs. Le style détonnant de ce jeune danseur ne manque pas de déchaîner les passions dans le public. Juan enchaîne les zapateados rapides et puissants. Très bon technicien, il réalise ce soir une performance artistique. Dans la Bulería, la Sguirya, ou la Soleá, les pieds sont plus que présents, parfois même trop pour ceux qui ne sont pas amateurs de ce type de danse.

A ses côtés, la danseuse Carmen de Morón, épouse de Rafael de Utrera, a interprété une Soleá joliment chorégraphiée. Ses ondulations féminines contrastent avec la danse masculine de Juan.

Pour le cuadro, le jeune Pulga, originaire de Chiclana, a été tâtonnant aux côtés de José Valencia, valeur sûre du festival. Quant au jeune guitariste Dani Méndez, il a une fois de plus été à la hauteur de nos attentes.

Nadia Messaoudi

Photos : Sébastien Zambon. CG 40

Une nuit de cante "por derecho" (jeudi 10 juillet)

Fiche technique

Première partie : "Las voces de la experiencia" ("Les voix de l’expérience")

El Lebrijano

Guitare : Pedro Peña

Percussions : Agustin Henke

Palmas et choeurs : Juan Manuel Reina, El Indio

José de la Tomasa

Guitare : Antonio Carrión

Deuxième partie : "A fuego lento" ("A feu lent")

Danse : Andrés Peña, Pilar Ogalla

Artiste invité (cante) : Luis El Zambo

Guitares : Alfredo Lagos, Javier Patiño

Chant : David Lagos, Inmaculada Romero, Luis Moneo

Palmas : Carlos Grilo, Alfonso Carpio

Lieu : Café Cantante, place du marché de Saint Roch

Durée : 3h30

Sur le papier cette soirée du jeudi soir attirait l’attention de tout aficionado qui se respecte. Deux grands cantaores de la stature d’ El Lebrijano et José de la Tomasa sur un même plateau et, en deuxième partie, les voix de Luis El Zambo, David Lagos et Luis Moneo pour accompagner le couple de danseurs Peña - Ogalla, cela mérite le détour par Mont-de-Marsan.

Pour ouvrir la soirée, rien moins qu’ El Lebrijano, un grand monsieur du cante, révolutionnairement moderne, toujours en quête d’ innovation tout en défendant le "cante gitano andaluz".

Vêtu d’une veste blanche, Juan Peña est chaleureusement applaudi par le public dès son entrée en scène. Quand il entonne la Bulería "Truena", l’émotion est déjà intense, et ira dès lors crescendo. Récemment opéré de l’estomac, le gitan blond aux yeux bleus (âgé de 66 ans) n’a certes plus sa puissance d’antan, mais il possède encore une voix hors du commun, qui nous transmet son héritage ancestral et ses peines.

Sa Soleá annonce la couleur, et sa Siguirya poignante a fait couler quelques larmes dans la salle. Artiste engagé, il n’oublie pas d’avoir une pensée pour les tsiganes persécutés en Italie et interprète pour eux un "cante de Galera", issu de "Persecusión", l’ un des enregistrements les plus célèbres de sa discographie. Après tant de douleur, et un hommage à sa défunte mère, la chanteuse La Perrata, Juan choisit de nous égayer avec des Cantiñas del Pinini, puis des Bulerías. Le public est debout, les artistes du festival assis aux deux premiers rangs l’animent de jaleos qui en disent long sur leur admiration pour le maestro. Avant de quitter la scène, Juan Peña Fernández El Lebrijano se lève et se baisse pour baiser le sol de Mont-de-Marsan.

Devant un public ému, José de la Tomasa rejoint humblement la scène. Remerciant le maestro qui vient de le précéder, il a la tâche difficile de donner au public un récital à la hauteur. Mais tous ceux qui connaissent cet artiste issu directement de la lignée du cantaor Manuel Torre, savent que ce chanteur d’exception a toutes les qualités pour s’imposer.

Lauréat en 1976 du prix Manuel Torre du "Festival International de Flamenco" de Cordoue, il est un grand connaisseur du cante traditionnel, mais a aussi brièvement collaboré avec le groupe de rock andalou "Triana".

Accompagné par l’ excellent guitariste sévillan Antonio Carrión, l’artiste ouvre son récital avec une Taranta où la voix est claire et bien posée. Les deux musiciens, seuls sur scène, enchaînent ensuite des Alegrías que le public accompagne par des palmas. Suivent une Soleá et une Siguirya majestueuses et solennelles, qui en disent long sur les capacités artistiques du sévillan. Pour finir, le maestro entraîne les auditeurs dans une Bulería. Le duo est alors accompagné par des palmeros de luxe : Rafael Rodriguez, guitariste ; Javier Puga, directeur artistique du festival ; José Valencia ; et Juan Reina, l’ une des figures historiques de la "fusion" sévillane ("Triana", "Arrajatabla"...). El Lebrijano se joint lui aussi à la fête et vient saluer El de la Tomasa. "Les voix de l’expérience" ont donné une nuit de cante "por derecho" dont nous nous souviendrons longtemps.

Certains auront été tentés de rentrer au bercail après tant d’émotions et de "buen cante", mais les danseurs Andrés Peña et Pilar Ogalla, accompagnés d’un "cuadro de lujo", nous réservaient encore quelques surprises.

Luis el Zambo, comme artiste invité, David Lagos, Luis Moneo et Inmaculada Romero... La barre est haute, et là aussi le chant est bien présent pour ce plateau 100% Jerez : il ne manquait plus que le palmero Carlos Grilo et le guitariste Alfredo Lagos.

D’entrée de jeu, la mise en scène souple et bien soignée donne le ton. Luis El Zambo interprète une Soleá comme lui seul sait le faire, avec cette force et ce timbre uniques qui caractérisent son chant. Le maître se retire et la foule est déjà presque debout.

Entre alors en scène la belle de Cadix, Pilar Ogalla : en choisissant de danser une Alegría, elle a voulu mettre l’ accent sur la féminité de la danse. Vêtue d’une "bata de cola" (danse à longue traîne), danseuse sur scène et épouse d’ Andrès Peña dans la vie, elle opte ainsi pour la sensualité et les formes délicates. Malgré ses bras ondulants et sa belle silhouette, les palmas, le chant et les guitares couvrent trop le son de ses pas, et estompent les nuances dans les "llamadas" (appels).

C’est ensuite au tour d’ Andrés de danser une Farruca. Difficile de ne pas penser à la Farruca d’ Antonio Gadès, mais il faut reconnaître au jeune danseur de Jerez son élégance masculine, et sa facilité à occuper l’espace.

Le tableau suivant est un retour à Jerez avec une Soleá por Bulería de Luis El Zambo, accompagnée par la guitare d’Alfredo Lagos. Le public et les artistes, toujours en première ligne, applaudissent la voix du maître.

Andrés revient : vieille canne en bois à la main, portée par la voix de Luis Moneo, le frère d’ El Torta, pour un Martinete tellurique. Le bâton marque le compás, et les pieds du danseur enchaînent un zapateado complet au superbe compás. Andrés est en forme, et quand il revient pour la Soleá, il va libérer peu à peu toute sa force contenue. On parlait peu, depuis quelque temps, de ce très bon danseur. Mais ce soir à Mont-de-Marsan, Andrés est revenu dans le cercle de grands danseurs, comme il le mérite. Le jeune homme a tout donné dans cette Soleá, et le public le lui a bien rendu.

Nadia Messaoudi

Photos : Sébastien Zambon. CG 40

De Cadiz à Sevilla : sur la route des vingt ans de flamenco (vendredi 11 juillet

Fiche technique

"De la mar al fuego" ("De la mer au feu")

Idée originale et scénario : Antonio Vargas

Direction : Javier Puga

Narrateur Tomasito

Cádiz

Chant : Mariana Cornejo, David Palomar

Danse : El Junco

Guitare :Keko Baldoméro

Palmas : La Chubasca, Abel Harana

Jerez

Chant : Luis El Zambo, Luis Moneo

Danse : Andrés Peña

Guitares : Javier Patiño, Alfredo Lagos

Palmas : Alfonso Carpio

Lebrija

Chant : El Lebrijano, José Valencia

Danse : Pedro Peña, Concha Vargas

Guitare : Curro Vargas

Palmas : Vicente Peña, Javier Vargas, Jesús Peña

Utrera

Chant : Pepa de Benito, Rafael de Utrera

Danse : Carmen Ledesma

Guitare : Antonio Moya

Palmas : Javier Vargas, Jesús Peña

Sevilla

Chant : José de la Tomasa, Juan reina, Manolo Sevilla

Danse : Milagros Mengibar

Guitares : Rafael Rodriguez, Antonio Carrión

Lieu : Espace François Mitterrand

Durée : 2h20

Sur une idée d’Antonio Vargas et sous la direction de Javier Puga, par ailleurs directeur artistique du festival de Mont-de-Marsan, les spectateurs ont assisté ce soir, pour les vingt ans de festival, à un voyage dans la géographie du flamenco : Utrera, Jerez, Lebrija, Cádiz et Sevilla, représentées par des artistes du moment et des artistes plus âgés qui ont marqué les vingt longues années du festival.

Là encore, à la lecture du cartel, l’ aficionado ne pouvait qu’ espérer une grande soirée : le flamenco serait bien là, à l’espace François Mitterand. Mais le temps étant l’ennemi de l’art, la magie n’ a pas eu lieu, malgré le plaisir de voir réunis sur scène tant d’artistes flamencos, qui ont contribué à l’histoire de cette culture et de cet art de vivre.

Programmé au Théâtre de la Maestranza, le 5 octobre prochain, par la Biennale de Séville, et subventionné à 50 % par la Diputación de Séville (l’équivalent approximatif du département), "De la mar al fuego" a pour objectif de réunir des artistes représentatifs de chaque localité, et de rendre hommage "à tous ces artistes, dont beaucoup inconnus, qui ont contribué à la diffusion du flamenco dans ce qu’il a de plus originel".

En prémices du spectacle, Javier Puga ne manquait pas de citer les nombreux artistes disparus qui sont passés ces dernières années sur les scènes de Mont-de-Marsan, en ayant une attention particulière pour le dernier disparu et l’un des plus fidèles du festival : Gaspar de Utrera.

En ouverture, la Nana chantée par Pepa de Benito, accompagnée d’Antonio Moya. Puis les tableaux se suivent tour à tour à partir de Cádiz, avec la grâce singulière et l’humour contagieux de Maria Cornejo qui nous évoque son célèbre Carnaval.

Passant par Jerez, le public sera déçu par la Siguirya, chanté par un Luis El Zambo sans entrain et coupé dans son élan. Le train du flamenco fait alors une halte par Lebrija, où la mystérieuse Concha Vargas interprète du fond de ses entrailles un Romance bien local.

A Utrera, Carmen Ledesma, divine dans sa Soleá (même si elle n’est pas originaire d’Utrera mais du quartier sévillan de La Macarena), a réussi a communiquer un début de duende (la magie) au public de Mont-de Marsan.

Terminus à Séville, avec une Toná très digne par José de la Tomasa, et la danse classique et féminine de Milagros Mengibar, en bata de cola (robe à longue traîne).

Un voyage de deux heures au terme duquel, après une intervention remarquée de Tomasito, le rideau s’ouvre sur tous les artistes sagement rangés : larges sourires aux lèvres, pour une rituelle "fin de fiesta".

Malgré ce beau plateau, peu d’émotions donc : hormis les danses de Concha Vargas et Carmen Ledesma, il n’y aura pas eu de "chispa" (flamme). Le temps est le grand coupable. Chacun des trente et un artistes présents sur scène (Tomasito inclus), n’ aura disposé que de sept minutes pour s’ exprimer. Difficile dans ces conditions de se laisser aller au cœur de l’art profond.

Nadia Messaoudi

Photos : Sébastien Zambon. CG 40

Les brèves de festival

Deux plumes, deux regards, un livre

20 ans de flamenco en terres landaises ça se fête : pour se souvenir et garder les mémoires du festival, un livre et un DVD.

Dans le livre "Regards croisés" (traduit en espagnol : "Miradas cruzadas", paru aux éditions Gaia), Serge Airoldi et Juan José Téllez conjuguent leurs regards, et nous font partager leur passion pour l’art flamenco, et les artistes qui le vivent et le transmettent. Comme une balade dans le monde du flamenco, une centaine de photographies noir et blanc et couleur viennent illustrer leurs textes : instantanés de spectacles, des artistes, de la vie du festival aussi, avec des clichés des spectacles de rue, des stages de flamenco, qui animent la ville et retranscrivent l’ambiance "Arte Flamenco".

Serge Airoldi est journaliste et écrivain, chroniqueur dans les pages Culture de Sud- Ouest Dimanche. Il a aussi publié deux romans, "Les chevaux" et "Le veilleur de Matera" ( éditions "La fosse aux ours"). Italien d’origine par son grand-père, Serge Airoldi est très ancré dans le Sud-Ouest. Féru de tauromachie et d’ Andalousie, il se passionne naturellement pour le flamenco.

Juan José Téllez Rubio est né à Algeciras en 1958. Journaliste, écrivain et poète, il a fondé plusieurs revues culturelles et a dirigé le journal Europa Sur. Il est l’auteur de nombreux essais musicaux, toujours en relation avec le flamenco, sa spécialité. Il vit en Andalousie, près de Séville.

Ont participé à cet ouvrage les photographes : (1) Pascal Bats, Jean-Louis Duzert, Klaus Handner, Bernard Hiribarren, Serge Lafoucarde, Marie-Béatrice Seillant, Jean-Marie Tinarrage, Sébastien Zambon.

Javier Puga, le directeur artistique du festival présente le livre en compagnie des deux écrivain, Juan José Tellez (premier sur la photo) et Serge Airlodi. (Photo Nadia Messaoudi)

Connexion française

A l’occasion de cette XXe édition du festival "Arte Flamenco", le Conseil Général des Landes a confié aux Films Jack Fébus la production d’un documentaire, "Conexión francesa", autour de l’objet flamenco, tel qu’il s’est développé sur scène à travers les différents concerts et spectacles donnés au fil des ans à Mont-de-Marsan.

Plutôt qu’un film où les acteurs du festival évoqueraient, leur travail, leur amour du flamenco et la richesse de leur programmation, le réalisateur Fabrice Castanier fait parler les artistes qui ont participé à quelques-unes des dix-neuf éditions précédentes, et de ce qui, selon eux, en fait quelque chose d’unique. "Arte Flamenco", comme une image lointaine mais néanmoins prégnante, captée depuis les terres brûlées d’Andalousie, depuis les quartiers gitans de Jerez de la Frontera ou de Séville…

Quel plus bel hommage à ces vingt ans de travail passionné, parfois audacieux, que de voir l’impact de ce travail dans le berceau même du flamenco, là où vivent les artistes qui font le rayonnement d’ "Arte Flamenco"… "Conexión francesa" mêle des captations et des interviews réalisées à Mont-de-Marsan au cours des dix dernières années du festival, des archives photographiques depuis sa création, et des témoignages tournés récemment en Andalousie, à Séville, Utrera, ou Jerez de la Frontera, là où vivent et travaillent la plupart des artistes flamencos. Il s’agit avant tout, dans ce documentaire, de faire le lien entre la vie là-bas et le festival ici. Entre la source du flamenco et son expression chaque été dans cette ville du Sud-Ouest de la France, entre les paysages andalous baignés de soleil et la forêt landaise… Le film s’articule autour de chapitres qui mettront en relief les différentes facettes du flamenco présentées au festival, avec différentes thématiques, "Flamenco puro", "Herencia", et "Mestizaje".

Quand le flamenco se chantait dans les champs

Le festival de Flamenco de Mont-de-Marsan est aussi l’occasion de participer à des conférences. Après celle de José María Velazquez Gaztelu sur les rituels et la géographie du Flamenco (mercredi 10 juillet), c’est au tour d’ Estela Zatania de présenter son ouvrage "Flamencos de Gañanía", co-écrit par Pierre Lefranc, et élu meilleur livre de flamenco 2007 par les lecteurs du magazine électronique Deflamenco.

Avant l’universalisation du flamenco, dans les patios, fermes et métairie d’Andalousie, le chant et la danse dans leur expression traditionnelle, et comme patrimoine familial, ne se pratiquaient que dans l’intimité de la famille ou du quartier. La pauvreté extrême qui a rongé l’ Espagne après la Guerre Civile a obligé des centaines de familles à aller chercher de la nourriture dans les fermes des vastes plaines fertiles. "Flamencos de Gañanía" est l’histoire de ce phénomène tel qu’il a été vécu dans les champs de Jerez, Lebrija et Utrera où les grands acteurs du flamenco ont partagé pendant de longs mois et années des logements collectifs, les "gañanías", où le flamenco était le seul divertissement. Pierre Lefranc a été professeur de littérature anglaise dans plusieurs universités françaises, américaines et africaines. Son intérêt pour le flamenco remonte à 1955. Près de deux heures d’enregistrement réalisé par lui entre 1961 et 1964 font partie de l’anthologie "Histoire du Flamenco" (Tartessos). Il est l’auteur de l’ouvrage "El Cante Jondo", publié en français (Faculté de Lettres de Nice, 1988) et en espagnol (Université de Séville, 2000, 2001).

Estela Zatania a débuté sa carrière de chanteuse de flamenco avec le légendaire José Greco. Trente neuf ans plus tard, elle quitte la scène pour se consacrer à la recherche. Elle a obtenu le Prix National de Journalisme Flamenco "Ciudad de la Unión". Elle vit actuellement à Jerez de la Frontera.

Couverture du livre, "Flamenco de Gañanía" (Photo DR)

Le flamenco dans les rues de Mont-de Marsan

L’expression flamenca, au-delà des théâtres et du Café Cantante, se retrouve aussi dans les rues de Mont-de-Marsan, avec cette année deux spectacles au programme. Ici le flamenco de rue est présenté dans sa version la plus populaire. Pour ce 20ème festival : deux spectacles différents sont proposés par deux jeunes artistes andalouses, pleines de maturité. D’une part, le spectacle de la danseuse sévillane Ángeles Gabaldón avec "Gabal - Dona & Guasa" ; d’ autre part, la danseuse de Grenade Rosario Toledo, qui présente “Del primer paso“ avec le chanteur David Palomar.

Ángeles Gabaldón danse sur un cante de Camarón, remixé par DJ Guasa (Photo Nadia Messaoudi)

La première d’ Ángeles Gabaldón, sur la place du Marché Saint Roch, a séduit malgré quelques imperfections. Vaguant sur une musique entre flamenco, musiques du monde, et sons électros, la danseuse manquait d’assurance. Mais lors de sa deuxième représentation, le pari était gagné. Une audacieuse proposition entre le DJ Guasa et la danseuse malicieuse, qui doit encore évoluer et faire ses preuves.

DJ Guasa aux manettes (Photo Nadia Messaoudi)

"Del primer paso", de Rosario Toledo accompagnée au chant de David Palomar, est une création présentée au Festival de la Danse de Cádiz en 2007. Un spectacle où la danseuse nous invite à un voyage intime dans le monde des émotions. Une danseuse à suivre de près, et qui n’hésite pas à prendre des risques tout en restant dans le flamenco traditionnel. Soleá et Siguiriya font partie du récital de David qui, malgré la chaleur de Mont-de-Marsan, réussit à capter l’attention. Une œuvre sans prétention mais qui a attiré la curiosité du public et la nôtre.

Rosario Toledo et David Palomar dans "Del primer paso" (Photo Nadia Messaoudi)

Les stagiaires entrent en scène

Enfin, le festival est aussi un lieu de rencontre entre maîtres et élèves. Cette année, Mont-de-Marsan proposait un panel de stages menés par des grands noms : Milagros Mengíbar, Pastora Galván, "El Junco", Andrés Peña, "La Lupi", Lourdes Recio, Antonio Montiel, "El Gamba de Jerez", Keko Baldomero, "El Cabeza", Ricardo Rivera, Pierre Pradal, et "Bobote". Au total, près de 270 élèves ont ainsi participé à ces séances de perfectionnement et d’expression autour du flamenco. Des cours qui affichaient complets cette année.

L’expression des élèves s’est prolongée jusqu’au "café musique", salle spécialement prévue pour laisser libre cours au savoir faire acquis pendant ces stages par les nombreux participants.

Pastora Galván, danseuse sévillane, pendant son cours qui affichait plus que complet (Photo CG 40).

Le festival en images sur Internet

Pour les absents à cette 20ème édition, et pour les festivaliers victimes de DPF (dépression post festival), le festival est encore, et pour quelques semaines, vivant sur Internet. Grâce au travail du Service de Communication du Conseil Général, retrouvez les photos et vidéos des spectacles, stages et autres moments forts du festival, et ce jour par jour. On y trouve aussi quelques extraits du DVD "Conexión francesa".

Festival Arte Flamenco

Nadia Messaoudi

Appendice : présentation du Festival de Mont-de-Marsan à Séville - 10 juin 2008

Le Festival de Mont-de-Marsan fête ses 20 ans en juillet 2008. Initiative du Conseil Général des Landes, avec la coproduction de la Mairie de Mont-de- Marsan, le soutien de la Consejería de la Cultura de la Junta de Andalucía et de la Diputación Provincial de Séville, l’idée initiale vient cependant de la passion pour le flamenco de Madame Emmanuelli.

La Consejería de Cultura de la Junta de Andalucía, représentée par Rosario Torres Ruiz, et le Conseil General des Landes, représenté par Henry Emmanuelli, ont signé le 10 juin 2008 un "protocole général entre la Consejería de Cultura de la Junta de Andalucía et le département des Landes pour la collaboration dans la diffusion et la promotion culturelle".

Le Festival de Mont-de-Marsan, grâce à sa longue trajectoire et à son succès, s’impose comme le pilier de cet accord de collaboration entre Séville et Mont- de-Marsan. Le concept du Festival repose sur deux critères d’actualité : en premier lieu, le haut de l’affiche est tenu par les artistes les plus connus du moment, cette année par exemple, Eva La Yerbabuena pour la quatrième fois consécutive ; en second lieu, avec l’aide particulière de la diputación de Séville, faire connaître au public français et aux « aficionados », les vieilles dynasties de l’art traditionnel d’andalousie, cette année Niño de Pura, Manolo Franco, Juan de Juan, José de la Tomasa, El Lebrijano, Luis el Zambo et La Susi.

Le Festival de Mont-de-Marsan présente dans sa prochaine édition le spectacle « A fuego lento » avec andrés Peña et Pilar Ogalla, production de la dernière Biennale de Séville, ainsi que « De la mar al fuego » qui sera présenté pour la première fois le 11 juillet à Mont-de-Marsan, avant de revenir à Séville le 5 octobre. « De la mar al fuego » rend hommage à tous les artistes, méconnus pour la plupart, qui contribuent à la diffusion du flamenco dans son aspect le plus original, depuis Cádiz jusqu’à séville, en passant par Jerez, Utrera et Lebrija. L’affiche est spectaculaire ; avec Tomasito pour narrateur, on verra sur scène Pepa de Benito, Carmen Ledesma, Luis El Zambo, Andrés Peña, El Lebrijano, Concha Vargas, Mariana Cornejo, El Junco, José de la Tomasa, Milagro Mengibar, Alfredo Lagos, José Valencia, Rafael de Utrera, Antonio Carrión…entre autres !

Le Festival de Mont-de-Marsan, depuis ses débuts, propose également une partie pédagogique, avec des cours de danse, de guitare et de compás. Milagro Mengibar sera la prochaine figure qui aura l’occasion de transmettre son art aux élèves du master-class, accompagnée par Pastora Galván, El Junco, Andrés Peña, La Lupi et Lourdes Recio pour les niveaux débutants. Quand à la guitare, les élèves pourront suivre les cours de Rafael Rodriguez « El Cabeza » dans un cours d’accompagnement à la danse, et de Ricardo Rivera et Pierre Pradal pour les moins avancés. Il faut également souligner le nouveau cours de compás "por fiesta" avec la présence de Bobote qui se joint au traditionnel cours du « Gamba de Jerez ». Expositions et conférences ne manqueront pas non plus du 7 au 12 juillet à Mont-de-Marsan.

Henry Emmanuelli avec David Palomar

La présentation et la signature du protocole pour la collaboration dans la diffusion et la promotion culturelle, aux Reales Atarazanas de Séville, s’est terminée par deux chants du jeune gaditan David Palomar, devant un public oú ne manquaient pas les artistes de flamenco. Comme le mentionnait Javier Puga, directeur artistique du Festival « Arte Flamenco de Mont-de- Marsan », étaient présents, entre autres, La Susi et Rosario Toledo. Après avoir chanté "por Siguiriya", ajoutant que ce n’était pas vraiment l’heure pour ça… David Palomar chanta « por su tierra ». Personne n’était dupe du « danger » des letras de Cádiz, évoquant une époque oú ses habitants et les français n’étaient pas les meilleurs amis du monde…, et ce fut « sans le vouloir » - confessa t-il plus tard, que David Palomar finit par chanter l’orgueil de Cádiz d’avoir repoussé les français. Si l’ incident provoqua des sourires de la part de la plupart des journalistes français présents, il ne fut par contre pas du goût de Monsieur Emmanuelli... Culot de cádiz ! David Palomar ne manqua pas d’éducation, ni de joie de vivre, pour se faire pardonner : « je suis désolé, je ne me suis pas rendu-compte »… Monsieur Emmanuelli emporta avec lui le nouveau disque du gaditan, en lui souhaitant finalement la bienvenue à Mont- de-Marsan. Il est vrai que ni l’ un ni l’ autre n’ont manqué une seule édition du Festival de Mont-de-Marsan.

Manuela Papino





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